Et bien le temps passe et mes résidences aussi !!! Me voilà dans mon 6ème logement, et peut être le dernier avant mon installation définitive. L’arrivée à Benguela s’est bien passée même si le voyage en avion n’était pas plus rassurant que ça… Vive les vieux avions avec deux moteurs à hélice…
Durant les 4 derniers jours, j’étais avec Arnaldo et Sylvain (venu de France) pour mettre au point pas mal de choses afin de lancer le projet concrètement.
Tout d’abord, un entretien avec un potentiel chef de projet (1 seul candidat a été trouvé en 2 mois…). Là, ça a été le stress. Le gars, ça doit être mon supérieur, alors il vaut mieux qu’on s’entende bien. Et là, je vois arriver une brute épaisse avec qui y’avait pas de risque que ça passe. 30 minutes m’ont suffit pour comprendre qu’il n’y avait pas moyen de bosser avec lui, pas le niveau pro et mentalité super rigide, mais la décision ne dépendait pas de moi, et n’ayant qu’un seul candidat, ils étaient obligés de baisser leurs exigences. Alors l’entretien se passe, j’essaye de déceler sur le visage de mes boss leur niveau de satisfaction…neutre…et puis ils lui proposent de venir à Cubal avec nous le lendemain, et puis le gars s’en va, et toujours pas de commentaire sur son recrutement, plein de trucs à faire, les choses s’enchaînent, et moi je reste dans le stress : ils croient que je peux bosser avec un gars comme ça ?
Quand nous nous sommes posés pour manger, le sujet est tout de suite arrivé, et là, soulagement, tout le monde était aussi dubitatif que moi. On l’a quand même emmené à Cubal avec nous le lendemain pour voir si ça s’arrangeait au niveau professionnel, mais je n’y croyais pas trop et je savais déjà qu’au niveau relationnel, y’avait pas de solution. Après 2 jours sur le terrain, la conclusion n’a pas changé et donc nous n’avons pas de chef de projet. Le recrutement va être relancé, mais il est probable, et j’espère un peu qu’on ne trouvera personne (sauf un super gars). La solution de rechange serait donc que Arnaldo soit le chef de projet à distance, en y consacrant 25% de son temps, que moi je dirige toute la partie opérationnelle, et qu’on trouve quelqu’un pour s’occuper de toute la partie administrative, compta, logistique. Donc, pas de boss incompétent au dessus de moi, le pied si ça se passe comme ça.
Mais Cubal, je n’ai pas encore parlé de Cubal ! Avant d’en parler, il faut quand même consacrer quelques lignes au voyage. Benguala-Cubal, C’est 4h30 normalement. Ne pouvant partir le mardi après-midi, nous décidons de partir le mercredi à 5 heures du matin, avec une voiture louée et son chauffeur. Après avoir poireauté 30 minutes sur le trottoir, le gars arrive. Et truc suspect, il roule super doucement. Normalement, un chauffeur a plutôt tendance à rouler trop vite… alors c’était suspect. Et puis il s’arrête à la pompe, parce qu’évidemment, il n’a pas fait le plein la veille, et ensuite il passe chez lui pour récupérer sa valise… et finalement, je comprend que le gars est un chauffeur de camion, et qu’il découvre la voiture en notre compagnie… Ca promet, parce que les pistes africaines, ça nécessite une certaine dextérité. Nous avons vite compris que ce voyage serait une horreur, il a roulé à deux à l’heure et n’a loupé aucun trou… Départ 5h30, arrivé 12h15, ça fait 6h45 de voyage, bien secoués…Que du bonheur. En plus, le gars, il a n’arrêtait pas de parler, et comme il arrivait pas à faire deux choses à la fois, il ralentissait encore plus et fonçait dans les trous… au retour, même topo, on avait envie de l’étrangler et de conduire à sa place ! Moi j’étais morte de rire, à l’arrière, en voyant la tête de Sylvain, à l’avant, qui était prêt à commettre un meurtre ! Le pire, c’est que je retourne à Cubal la semaine prochaine, et sûrement avec le même chauffeur…
Alors, Cubal… Et bah c’est bien sympa. Comme prévu, une petite ville à la campagne, avec pas mal de charme. Les gens sont cool, les choses bougent, on sent beaucoup de potentiel et d’énergie, ça n’a rien à voir avec l’Afrique de l’Ouest… Je pense que sans être facile, ça va être plutôt agréable de bosser ici.
C’est la fin de la saison des pluies alors tout est bien vert mais ça ne va pas durer, il ne devrait plus pleuvoir avant le mois de septembre. La végétation est plutôt de type savane arbustive. Il y a de beaux blocs des grès un peu partout, genre Fontainebleau, mais aussi d’énorme massifs de grès de plusieurs centaines de mètres de haut. C’est très joli ! J’ai rencontré une partie de l’équipe déjà. Numa, le directeur de l’ONG locale AADC qui est partenaire du projet. Très sympa, intelligent, un vrai clown quand il s’agit de négocier. Pila, qui sera chef de zone pour l’équipe technique, et quelques techniciens. Tout le monde est très sympa !
Nous avons regardé les potentielles maisons pour moi mais rien n’est décidé encore. En tout cas y’aura du boulot de réhabilitation à faire.
Je n’ai pas encore pris de photos parce qu’on avait déjà perdu beaucoup de temps sur la route…mais la semaine prochaine, vous devriez avoir une petite vision du truc !
Je profite aussi de ce blog pour féliciter Jerome et Silje pour ce beau bébé!
Bisous à tous