lundi 18 février 2008
samedi 16 février 2008
Vers le sud, sous la pluie
Bonjour la compagnie!
Après une petite interruption de programme, je reprends l'antenne!
Faut dire que beaucoup d'entre vous m'ont vue en chairs et en os à Noel…
Le retour en Angola s'est bien passé, comme d'habitude, mais dur dur de retourner m'enterrer à Cubal. Enfin, on s'y fait et on pense beaucoup aux week end à venir…
En parlant de week end, je vais vous mettre quelques photos de notre dernière escapade.
Nous avons eu un week end de 4 jours, avec lundi 4 férié car date du début de la lutte armée en Angola… et mardi 5 férié pour cause de carnaval! Vous vous demandez sûrement comment est le carnaval en Angola, et moi aussi je me le demande bien, puisque nous étions au fond du désert ce jour là… On verra l'année prochaine!
Donc, encore un bon trip, je vous raconte! Nous sommes partis à 8. Une première voiture de 3 est partie le samedi matin de Lobito, et les 5 derniers m'ont rejoint à un croisement de l'itinéraire proche de Cubal. Point d'impact: 15h30
Attention, j'avais pris la voiture du projet alors un peu de stress pour ne pas la casser… Et là, nous partons à l'aventure. Enfin, au début nous ne savions pas que nous partions à l'aventure puisque nous avions déjà fait la route jusqu'à Lubango 2 mois auparavant et elle était bonne. Donc, nous roulons tranquillement, quand de biens sombres nuages font leur apparition… (Faut dire que cette année c'est la grande sècheresse ici, il ne pleut pas depuis 2 mois alors que c'est la saison des pluies). La pluie enfin, moi je me réjouis un peu parce que les paysans sont dans une situation catastrophique et qu'un peu d'eau pourrait sauver la situation.
Enfin, l'orage arrive, une bonne pluie, comme les pays tropicaux savent nous en servir. Ok, pas de problème, on y voit plus à 2 mètres alors on ralenti, logique. Et puis la situation continue de se compliquer, puisque qu'avec la pluie vient la boue… et la voiture, même en 4x4, nous fait de belles glissades. Séquence émotion! Mais pas de panique. Et puis après la pluie, c'est l'heure de la nuit… Normal vous me direz… Seulement, tombée sur un sol bien chaud, notre rincée nous a offert un superbe brouillard à couper au couteau… Alors pluie, boue, nuit et brouillard, on cumule les difficultés. Mais bon, ça nous fait bien délirer parce qu'on partait pour une ballade tranquille qui dégénère au fil des heures, mais nous avons quand même confiance en nos voitures qui passent partout.
Seulement, tout le monde n'a pas de bonnes voitures qui passent partout, et on trouve notamment sur les routes d'Angola de belles épaves de camion qui roulent on ne sait comment. Et bien sûr, eux, ils s'enterrent dans la boue et bloquent le passage. Premier camion bloqué, on prend un petit chemin à travers champ pour contourner la route. Ok, ça passe, on évite de penser aux mines… Deuxième camion bloqué, pas le choix, il faut forcer le passage à gauche ou à droite, dans la boue profonde… Le passage n'est pas large, la voiture glisse à fond, ralentie, commence à s'enliser, je suis à fond sur l'accélérateur, coup de volant à gauche, reprise d'adhérence, ouf, on est sorti! Ca fait déjà 6 heures que l'on roule dans ces conditions de merde, j'en peux plus!
Et puis 5 kilomètres plus loin, un lac au milieu de la route, je pile. Aïe, elle est grande la flaque… On analyse, on jette une pierre pour juger de la profondeur, et puis surtout, on laisse passer une voiture qui nous suivait pour faire le test!!! Courageux mais pas téméraires… L'eau est plus haute que le pot d'échappement. Ça veut dire pas le droit de s'arrêter au milieu sinon l'eau peut rentrer dans le moteur. Quelle idée d'avoir pris la voiture du projet… Heureusement, le fond n'a pas l'air boueux. On se lance, en serrant les fesses, et ça passe, ouf!
20 kilomètres plus loin, encore un camion en travers qui n'arrive pas à monter une légère côte car c'est trop glissant. Camil descend de la voiture pour trouver un passage et manque de s'étaler par terre à chaque pas tellement ça glisse. Là, on se demande comment la voiture pour rouler là-dessus. Conclusion, je suis un pilote! Contournement à travers champ sur la gauche dans la boue, ça passe.
Le reste de la route se passe sans problème, nous rejoignons enfin le goudron qui mène à Lubango. Le brouillard s'allège, nous commençons à pouvoir rouler normalement, il est 21 heure. Et là, sur le bas côté, nous découvrons la voiture de nos potes partis le matin, en panne. On s'arrête pour voir ce qu'il se passe, on écoute leur histoire, et on commence à se dire que finalement, notre voyage était pas si galère.
Etant partis plus tôt, ils ont évité la pluies, la boue et le brouillard, mais ils ont crevé trois fois, et à la dernière, ne trouvant personne pour recoller le pneu, ils se sont fait prêter une roue pas tout à fait adaptée qui a fini par se faire la malle en roulant, leur faisant une belle frayeur et causant une bonne avarie (plus possible de déplacer la voiture). Ils se galèraient à essayer de réparer depuis 3 heures. Après 1 heure avec eux à essayer de réparer, on décide de laisser la voiture là et de les emmener au gîte avec nous. Day 1 is over!
Le casino de Lubango, avec en dessous, mais on la voit pas, la piscine la plus grande du monde (taille d'un terrain de foot...)
Jesus Cristo notre sauveur... Qui domine la villeDimanche: Pas possible de trouver un dépanneuse durant ce week end prolongé, pas possible de laisser la voiture au milieu de route toute seule, il faut réussir à réparer. Après être allés visiter notre ami Jésus qui veille sur la ville de Lubango, nous avons passé la journée sur le bord de la route pour essayer de réparer. Sympa… Après plusieurs tentatives, plusieurs technique pour réussir à enlever le disque, les vis cassées, le disque de frein bloqué, plus personne n'y croyait et puis on était un peu en train de foutre en l'air notre week end… à 16 heures, miracle, ils ont réussi à tout arracher, remis une roue qui tient avec 4 vis et sans freins. On est repartis à l'aventure! Enfin, leur voiture est restée à Lubango, ils sont montés avec nous.
Evidemment, le temps de partir, il fait de nouveau nuit, nous nous dirigeons vers Namibe, encore 3h30 de route en prévision. Objectif, une plage entre Namibe et Tombwa (ville la plus au sud du pays sur la côte). Evidemment, la pluie et le brouillard sont de la partie, surtout sur la route en lacet digne des Alpes. Et pour éviter la routine, viennent s'ajouter à cela des nuées de papillons de nuit qui viennent s'écraser sur les pare-brises et les rendent opaques malgré les essuie-glace. Là, j'avoue que j'ai pas trop rigolé…
Arrivée à Namibe, rapide concertation, ok, on pousse jusqu'à la plage. Ca veut dire encore 90 km de belle route, puis 25 km à rouler dans un oued (lit de rivière asséchée) où l'on risque de s'ensabler…Nous sommes joueurs… C'est parti. A peine arrivés sur le sable, encore relativement dur, on décide de passer en 4x4. La bonne idée du jour puisque 300 mètres plus loin, on arrive dans le sable profond. Expérience plutôt stressante au départ puisque qu'il fait nuit, nous ne savons pas vraiment où nous allons et que la voiture fait mine de s'ensabler régulièrement. Mais rapidement, l'instinct de pilote reprend le dessus! Et c'est plutôt tripant! Nous finissons pas apercevoir les lodges que nous rejoignons (nous on va faire du camping sur la plage), et surtout, le dernier obstacle, l'obstacle fatal, l'obstacle de trop… Une marre de boue de 20 mètres de large nous sépare de notre but. Et oui, il pleut parfois dans le désert… Concertation rapide dans la voiture, des avis pour, des avis contre, mais nous avons été attirés par la lumière si proche et nous sommes lancés…pour mieux nous planter… Au milieu de la boue nous nous sommes arrêtés, bloqués…4x4 court, marche avant marche arrière, rien à faire. Une boue lourde, argileuse, collante… Seule solution, surprenante d'efficacité, dégonfler les pneus pour avoir plus de portance. Ok, c'est parti, et la voiture ressort en marche arrière. Ouff…Que d'émotion! Planté de tente, barbecue, petit feu et au lit. Day 2 is over!

Un superbe bâtiment à Namibe. D'après moi, c'est ici, plutôt qu'à Roswell, que les martiens ont débarquéLe reste du voyage sera sans problème. Visite d'un lac au milieu du désert, d'arches au bord du lac, de Tombwa à la recherche d'un peu d'essence (ville très jolie et impressionnante de restes d'infra-structures coloniales malgré son isolement) et puis finalement 150 km cadeaux pour retourner chercher de l'essence à Namibe parce que les 25 km de sable pour aller au campement pompent plus que prévu. Retour au campement vers 21h, barbecue, petit feu et au lit. Day 3 is over!
Retour le mardi sans encombres, la route a bien séché. Week end riche en émotion et pas vraiment reposant.













